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J’ai vu 100 entrepreneurs impressionnés par l’outil de Google Gems Gemini, mais encore sans système de travail adapté pour l’IA

Publié le 10 juin 2026

J’ai assisté à une présentation Google sur les Gems de Gemini lors d’un événement local dédié aux entrepreneurs à Béziers. La salle était pleine : environ une centaine de professionnels, des indépendants, des dirigeants de petites entreprises de l’Hérault, des personnes qui cherchent simplement à comprendre ce que l’IA peut changer dans leur quotidien.

Entrepreneur structurant son système de travail IA avec dossiers, documents, règles métier, tâches et mémoire de travail
Le vrai passage n’est pas seulement d’utiliser un outil IA, mais de construire un système de travail que l’IA peut comprendre et maintenir.

La démonstration de Google était propre. Des assistants pour le marketing, les réseaux sociaux, les contenus, les comptes rendus, les photos, la vidéo, la stratégie… Tout paraissait simple.

Une majorité des entrepreneurs découvrent encore ce qu’est un prompt, pendant que les grandes plateformes leur présentent déjà des agents IA.

Google montrait un outil. La salle, elle, voyait déjà un futur secrétaire, un coach, un community manager, parfois même un associé capable de tout débloquer.

Et c’est précisément le piège : on confond très vite l’outil avec le système de travail qui devrait l’entourer.

Google a très bien compris le problème

Google a compris une chose essentielle : les professionnels ne veulent pas “apprendre l’IA”. Ils veulent que ça fonctionne. Ils veulent un outil simple, rassurant, intégré à leur quotidien.

Sur ce point, les Gems de Gemini sont pertinents. Un Gem permet de créer une version personnalisée de Gemini, avec un rôle, des consignes, un objectif ou une méthode de réponse. Au lieu de répéter le même contexte à chaque conversation, on prépare un assistant spécialisé.

Pour quelqu’un qui débute, c’est une très bonne première marche. C’est visible, simple à comprendre et intégré à un environnement que beaucoup utilisent déjà : Google, Gmail, Drive, Docs, Android.

Le problème n’est donc pas que les Gems soient inutiles. Le problème, c’est de croire qu’ils suffisent à structurer le travail d’une entreprise.

Le malentendu autour du mot “agent”

Aujourd’hui, tout le monde parle d’agents IA. Mais dans la pratique, ce mot mélange plusieurs réalités.

  • Un prompt demande une réponse.
  • Un assistant personnalisé garde un rôle, un ton, quelques consignes et parfois des fichiers de contexte.
  • Un agent de travail doit aller plus loin : comprendre un environnement, accéder aux bons fichiers, suivre des règles, produire des livrables, garder la trace de ce qui est en cours, respecter des limites et parfois demander validation avant d’agir.

Ce n’est pas le même niveau. Une entreprise n’a pas seulement besoin d’un assistant qui répond mieux. Elle a besoin d’un système qui l’aide à travailler avec continuité.

Concrètement, un agent de travail ne se contente pas de répondre à une question. Si vous lui demandez de préparer un devis pour l’entreprise X, il peut retrouver l’historique avec ce client, consulter les derniers échanges, reprendre la dernière offre envoyée, appliquer votre nouveau pricing, utiliser votre modèle de devis, vérifier les conditions commerciales prévues, puis préparer le mail de suivi en tenant compte de vos disponibilités.

La différence est là : l’agent ne travaille pas seulement avec votre demande du moment. Il travaille avec votre contexte.

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Et si demain vous changez d’outil, l’objectif est que ce contexte ne soit pas perdu. Le nouvel agent doit pouvoir relire le même dossier de travail, retrouver les mêmes règles, les mêmes fichiers, les mêmes décisions, et reprendre là où le précédent s’était arrêté.

Une entreprise a besoin d’un workspace, pas seulement d’un assistant

Dans une activité réelle, le contexte est partout : les offres, les clients, les décisions prises, les règles internes, le ton de communication, les documents importants, les tâches en cours, les limites à ne pas franchir.

Si tout cela reste dans votre tête ou dans des conversations dispersées, l’IA repart toujours avec un handicap. Elle peut être brillante sur une réponse ponctuelle, mais faible sur la continuité.

La méthode que nous utilisons consiste à créer un environnement de travail pour agents. Concrètement, cela peut être un simple dossier partagé contenant des fichiers textes clairs.

  • contexte-metier.txt : qui vous êtes, ce que vous vendez, à qui vous vous adressez.
  • notre-client-ideal.md : votre cible, ses problèmes, ses objections et ses déclencheurs d’achat.
  • ligne-editoriale.txt : le ton à adopter, les mots à éviter, les messages récurrents.
  • offres.md : vos offres, leurs promesses, leurs limites, leurs prix si nécessaire.
  • memoire-de-travail.txt : les décisions importantes, les tâches en cours, les prochaines actions.
  • regles-validation.md : ce que l’agent peut préparer seul et ce qui doit être validé avant envoi ou publication.

Concrètement, cela veut dire qu’au lieu de réexpliquer votre cible à l’IA, celle-ci va simplement lire le fichier notre-client-ideal.md stocké dans votre dossier.

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Ce ne sont pas forcément des outils compliqués. Et bonne nouvelle : ce n’est pas à vous de les écrire, mais à votre agent. Ce sont souvent des fichiers simples, maintenus au fil du travail avec l’agent. Et c’est précisément cette simplicité qui est puissante.

L’agent n’arrive plus dans une conversation vide. Il arrive dans un espace de travail. Il lit le contexte, comprend les règles, retrouve ce qui est en cours et peut produire avec beaucoup plus de pertinence.

On passe d’une conversation IA à un workspace agentique : un espace de travail exploité par des agents IA.

Dépendre d’un outil ou construire un système portable ?

Il ne faut pas promettre une indépendance totale. Ce serait faux. On dépendra toujours d’un modèle, d’un fournisseur, d’un abonnement ou d’une interface.

Mais il y a une différence entre utiliser un outil et enfermer toute son organisation dans cet outil. Quand votre méthode de travail existe dans des fichiers simples, vous gagnez en réversibilité.

Aujourd’hui, vous pouvez travailler avec un assistant Gemini. Demain, avec Codex. Après-demain, avec Claude Code, Antigravity, Cowork ou un autre environnement agentique capable de lire et d’agir dans un dossier de travail.

Concrètement, on l’a vu cette année : certains fournisseurs IA font évoluer rapidement leurs tarifs, leurs limites d’usage ou leurs conditions d’accès. Ce n’est pas forcément un problème si la valeur produite reste supérieure au coût. Mais si l’équilibre change, une entreprise doit pouvoir tester un autre outil sans reconstruire toute son organisation.

C’est exactement l’intérêt d’un système portable. L’outil peut changer. Votre système, lui, reste compréhensible.

C’est la marche suivante. Les Gems permettent de découvrir l’idée d’un assistant spécialisé. Le workspace agentique permet de construire une méthode durable.

C’est le même principe que dans l’article un agent IA doit s’adapter à votre système, pas l’inverse : l’outil doit venir lire et appliquer votre système, pas devenir l’endroit où votre organisation se retrouve enfermée.

Ce que ça change pour une solo ou une TPE

Pour une petite entreprise, l’objectif n’est pas d’avoir “15 agents” qui gèrent toute l’activité en autonomie. Cette promesse est séduisante, mais elle est souvent irréaliste.

Une IA ne remplace pas votre stratégie, votre relation client, votre jugement ou votre responsabilité. En revanche, elle peut devenir beaucoup plus utile si elle travaille dans un cadre clair.

  • Préparer des contenus.
  • Structurer une offre.
  • Suivre des actions commerciales.
  • Analyser des documents.
  • Rédiger des réponses.
  • Synthétiser des décisions.
  • Maintenir une mémoire de travail.
  • Préparer les prochaines actions.

Mais pour cela, il faut lui donner autre chose qu’un prompt isolé. Il faut lui donner un environnement.

Gems ou workspace agentique : que choisir ?

Les Gems sont très utiles pour démarrer. Ils permettent de comprendre ce qu’est un assistant spécialisé, de gagner du temps sur des tâches répétitives et de prendre confiance avec l’IA.

Mais si l’objectif est de gérer une activité dans la durée, il faut aller une marche plus loin. Le bon réflexe n’est pas de chercher le prompt parfait. Le bon réflexe est de structurer son métier dans un espace de travail que l’IA peut comprendre.

Un prompt ne remplace pas une organisation. Mais un bon prompt de départ peut aider à créer le premier cadre : dossiers, règles, mémoire, rôles, limites, prochaines actions.

C’est souvent le vrai déclic.

Conclusion

Les entrepreneurs ne sont pas en retard parce qu’ils ne comprennent rien. Ils sont confrontés à un marché qui va très vite, avec des mots qui changent tous les six mois et des démonstrations souvent plus spectaculaires que réalistes.

Les Gems de Gemini sont une bonne première marche. Mais la vraie transformation ne consiste pas à parler à un assistant plus intelligent. Elle consiste à organiser son travail pour que des agents puissent réellement aider.

Pas dans une conversation isolée. Dans un environnement clair, portable, maintenu et adapté à votre métier.

L’IA devient à ce moment autre chose qu’un outil impressionnant. Elle devient un vrai support de travail durable.

David Falcioni — Okiweb

Vous voulez passer d’un outil IA à un vrai système de travail ?

On peut partir de vos fichiers, vos règles métier et vos usages réels pour construire un environnement IA clair, portable et validé humainement.